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La Lingerie
Femme en manteau et chapeau des années 1940 tenant une boîte de bas, au comptoir d'un grand magasin
Au comptoir des bas, en 1940 : l'anecdote du nylon est l'une des mieux établies.

Anecdotes sur la lingerie : vraies histoires et légendes démêlées

Du Ier siècle à 2014

Quatorze anecdotes de lingerie passées au crible : bas de nylon, soutiens-gorge brûlés, Wonderbra, corset. Pour chacune, ce qui est vrai, légendaire ou faux.

Les histoires de lingerie circulent vite parce qu’elles réunissent l’intime, le scandale et un détail précis. C’est aussi ce qui les rend fragiles : une anecdote qu’on a lue cent fois n’est pas pour autant sourcée. Cette page en passe quatorze au crible, une par une, avec ce que les sources lues permettent d’affirmer. Chacune porte un statut : vrai quand le fait est établi, légende quand on ne peut la présenter que comme un récit, faux quand elle est démentie. Quand l’histoire a son article dans le site, le lien est donné. Pour la place des vêtements dans la morale et le droit, voir Lingerie et société.

N° Anecdote Statut
1 Les soutiens-gorge brûlés de 1968 Faux dans sa version célèbre
2 L’incendie du Shirokiya et les culottes japonaises Légende (l’incendie est établi)
3 Marie-Antoinette en robe de mousseline, Salon de 1783 Vrai (le scandale), l’explication est une interprétation
4 Les corsets de 1917 et l’acier d’un cuirassé Légende
5 Les files d’attente du nylon, 1940 et 1946 Vrai
6 Les côtes retirées pour affiner la taille Faux
7 Les culottes de la reine Victoria aux enchères Vrai (les ventes), attribution prudente
8 Otto Titzling, inventeur imaginaire Faux (le personnage), canular établi
9 Les soutiens-gorge médiévaux de Lengberg Vrai
10 Catherine de Médicis et le corset de métal Légende
11 Les « bikinis » de la villa romaine du Casale Vrai, avec une nuance de vocabulaire
12 Bloomers : Elizabeth Smith Miller, pas Amelia Bloomer Vrai
13 L’affiche Wonderbra « Hello Boys » et les accidents Vrai (l’affiche), légende (les accidents)
14 Le soutien-gorge de Howard Hughes pour Jane Russell Légende

Scandales, pudeur et vêtements qui choquent

Trois histoires où un vêtement, ou l’absence supposée d’un vêtement, déclenche un scandale ou un récit moral ; sur le regard que l’on porte à l’intime, voir Hommes, femmes et séduction.

1. Les soutiens-gorge brûlés de 1968 : le mythe d’une expression de presse

Statut : faux dans sa version célèbre. Le 7 septembre 1968, à Atlantic City, des militantes manifestent contre l’élection de Miss America et jettent soutiens-gorge, gaines, faux cils, bigoudis et magazines féminins dans une « Freedom Trash Can ». Aucun autodafé de soutiens-gorge n’a eu lieu selon les organisatrices : l’image du soutien-gorge brûlé vient de la presse. Un titre du Press of Atlantic City du 8 septembre, « Bra-burners blitz boardwalk », illustre l’expression.

Il reste un indice contradictoire : le journal local écrit que des objets ont brûlé dans la poubelle, et le journaliste Jon Katz se souvient d’un petit feu vite éteint. La formulation la plus exacte est donc la suivante : le geste fondateur du féminisme n’a pas été un bûcher de soutiens-gorge, mais un acte symbolique, et la légende est née d’un titre de journal. Pour comprendre comment cette image a traversé le temps, voir l’article sur les soutiens-gorge brûlés de 1968.

2. L’incendie du Shirokiya et les culottes japonaises : un lien jamais prouvé

Statut : légende, l’incendie lui-même est établi. Le 16 décembre 1932, un incendie ravage le grand magasin Shirokiya de Nihonbashi, à Tokyo. Selon les pompiers de Tokyo, il fait un mort dans l’incendie et treize morts par chute, ainsi que soixante-sept blessés ; l’ampoule d’un sapin de Noël est citée comme cause. Le récit célèbre ajoute que des employées en kimono auraient lâché une main de la corde pour retenir leur vêtement, perdu prise et chuté, faute de culotte, et que le drame aurait fait adopter la culotte au Japon.

Cette version est contestée : le professeur Shōichi Inoue parle d’un mythe urbain et d’un témoignage de sécurité exagéré après coup. Ce qui est documenté, c’est qu’un débat public sur le port d’un sous-vêtement s’ouvre après 1932. Le lien de causalité avec les décès n’est pas prouvé, et nous ne l’affirmons pas. L’article Japon : du yumoji au nagajuban reprend le sujet.

3. Marie-Antoinette en robe de mousseline : un portrait retiré du Salon

Statut : vrai pour le scandale, interprétation pour l’explication. En 1783, Élisabeth Vigée Le Brun expose au Salon un portrait de Marie-Antoinette en robe de mousseline, dite « en gaulle », aussi appelée « en chemise ». Le tableau fait scandale et il est retiré du Salon. Il est remplacé par Marie-Antoinette à la rose, qui la montre en robe de soie et se trouve à Versailles. L’original est aujourd’hui conservé à Wolfsgarten, en Hesse, dans la collection de la Hessische Hausstiftung.

Portrait peint de Marie-Antoinette en robe de mousseline blanche à volants, coiffée d'un chapeau de paille à plume et ruban bleu, un bouquet de roses à la main
Élisabeth Vigée Le Brun, Marie-Antoinette en chemise ou en gaulle, vers 1783 (Wolfsgarten). Photographie La Bretagne à Paris, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons.

Pourquoi ce scandale ? L’explication courante est que la mousseline de coton, importée, était jugée trop proche d’un vêtement de dessous et peu patriotique face à la soie française. C’est l’interprétation des historiens de la mode, citée par le Fashion Institute of Technology, et non un fait attesté par un témoin : aucune phrase de l’époque ne nous est parvenue dans nos sources. Le sujet touche l’histoire des peintres et de la chemise, qui est celui de l’article sur la chemise, le boudoir et le peintre.

Chiffres, files d’attente et ventes aux enchères

Quatre histoires où un chiffre, une file d’attente ou une vente donne l’illusion de la précision.

4. Les corsets de 1917 et l’acier d’un cuirassé : une légende sans source

Statut : légende. L’histoire est répétée partout : en 1917, les Américaines auraient abandonné leurs corsets pour économiser des milliers de tonnes d’acier, de quoi construire des navires de guerre. Les chiffres et les unités varient d’un texte à l’autre. Le site de Connecticut History parle d’environ 28 000 tonnes de métal, de quoi faire deux cuirassés ; d’autres pages parlent d’acier et d’un seul cuirassé. Aucune ne dit d’où vient le chiffre, et c’est le signe d’un nombre qui voyage sans origine.

On lit aussi que Bernard Baruch, président du War Industries Board, aurait demandé aux femmes de renoncer à leur corset. Ce récit est lui aussi répété sans source. Ce que l’on peut écrire prudemment : des fabricants comme Warner, à Bridgeport, ont réduit leur production de corsets pendant la guerre pour économiser du métal. La part de la légende est dans le chiffre et dans l’ordre supposé.

5. Les files d’attente du nylon : une anecdote bien établie

Statut : vrai. Selon le Science History Institute, les bas de nylon arrivent sur le marché national américain le 15 mai 1940, à 1,15 dollar la paire, et sont épuisés dans la plupart des magasins à midi. Après la guerre, la fibre revient dans les boutiques, et dès septembre 1945 des files de centaines, parfois de milliers de femmes se forment, que la presse appelle les « nylon riots ». En juin 1946, à Pittsburgh, 40 000 personnes font la queue sur plus d’un mille pour 13 000 paires. Du côté français, la fibre passe par Lyon, comme le retrace notre article sur la soie lyonnaise, des canuts aux bas de nylon.

Quelques chiffres circulent qui ne sont pas confirmés : nous ne retenons ni les « quatre millions de paires » de 1940, ni les 30 000 femmes de New York en 1945, ni l’identité du magasin de Pittsburgh. La suite de l’histoire, avec le rationnement du nylon pendant la guerre et les jambes maquillées de crayon, est dans l’article sur la lingerie en temps de guerre.

6. Les côtes retirées pour affiner la taille : une pratique jamais documentée

Statut : faux. L’idée que des femmes se faisaient retirer des côtes pour obtenir une taille de guêpe à l’époque victorienne n’est étayée par aucune preuve historique. Valerie Steele, auteure de The Corset: A Cultural History, la juge entièrement mythique, selon le musée Lancaster History. Le même musée rappelle, d’après Steele, que sur 197 corsets de la collection Symington, un seul mesurait 18 pouces, onze mesuraient 19 pouces et la plupart de 20 à 26 pouces.

Le corset se laçait en outre avec un écart de deux à trois pouces : la taille réelle de la porteuse dépassait de deux à trois pouces celle du corset. Il faut donc séparer le laçage serré d’une minorité de la norme. Le médecin Ludovic O’Followell jugeait lui aussi, en 1908, que l’action néfaste du corset avait souvent été exagérée : voir l’article Le corset était-il dangereux ?

7. Les culottes de la reine Victoria : des ventes réelles, une attribution prudente

Statut : vrai pour les ventes, prudence pour l’attribution. En 2008, Hansons, dans le Derbyshire, a vendu pour 4 500 livres des culottes attribuées à la reine Victoria, au tour de taille d’environ 50 pouces. En octobre 2014, des culottes de soie de 52 pouces, attribuées à Victoria et datées des années 1890, se sont vendues 6 200 livres chez Westenhanger Auctioneers, près d’Ashford, dans le Kent, contre une estimation de 1 000 à 2 000 livres ; des bas de soie ont atteint 1 100 livres.

Le mot décisif est « attribuées ». L’attribution repose sur la provenance familiale et sur des marques, comme un monogramme VR et un numéro de blanchisserie. Aucune authentification scientifique n’est publiée, et les tours de taille varient d’un lot à l’autre. On peut donc raconter la vente, mais jamais écrire que ce sont « les » culottes de la reine.

Inventeurs, brevets et archéologie

Cinq histoires d’origines : qui a inventé quoi, et ce que les objets conservés permettent vraiment de dire.

8. Otto Titzling, ou comment un canular a inventé le soutien-gorge

Statut : faux pour le personnage, canular établi. Otto Titzling, prétendu inventeur du soutien-gorge, est un personnage imaginé par l’humoriste néo-zélandais Wallace Reyburn dans Bust-Up: The Uplifting Tale of Otto Titzling and the Development of the Bra, paru en 1971. Son nom est un jeu de mots anglais.

La personne réelle est Mary Phelps Jacob, de Mamaroneck, dans l’État de New York. Le brevet américain n° 1 115 674, intitulé « Brassiere », est déposé le 12 février 1914 et accordé le 3 novembre 1914. Elle l’a vendu peu après à la Warner Brothers Corset Company, de Bridgeport, pour 1 500 dollars. L’histoire selon laquelle elle aurait fabriqué le premier modèle avec deux mouchoirs et du ruban rose avant un bal est un récit tiré de ses mémoires, que nous présentons comme tel. Dire qu’elle a inventé le premier soutien-gorge de l’histoire est faux, puisque son brevet porte sur un modèle moderne. Pour en savoir plus sur elle, voir la page du site frère lingerie-sensuelle.fr.

9. Les soutiens-gorge médiévaux de Lengberg : l’archéologie bouscule le récit

Statut : vrai. Au château de Lengberg, dans le Tyrol oriental, des travaux de restauration commencés en juillet 2008 ont livré plus de 2 700 fragments de textile, dont quatre pièces de lin à bonnets distincts classées comme soutiens-gorge. La datation est du XVe siècle, confirmée par le carbone 14 à l’ETH Zurich sur cinq textiles, dont deux soutiens-gorge. La découvreuse est Beatrix Nutz, de l’Université d’Innsbruck, les fouilles étant dirigées par Harald Stadler.

Avant cette trouvaille, rien n’indiquait l’existence de soutiens-gorge à bonnets visibles avant le XIXe siècle, écrit l’Université d’Innsbruck. Il serait excessif d’en conclure que tout le monde en portait : quatre pièces suffisent à corriger une idée reçue, pas à décrire une pratique. L’article Chemise, braies et soutien-gorge de Lengberg en détaille les caractéristiques.

10. Catherine de Médicis et le corset de métal : un mythe royal

Statut : légende. La tradition qui attribue à Catherine de Médicis l’introduction du corset de métal en France est aujourd’hui considérée comme un mythe, selon Valerie Steele citée par l’article « Metal corset » de Wikipédia, que nous n’avons pas pu recouper avec une source primaire. Les corsets de fer conservés sont généralement lus comme des appareils orthopédiques destinés à traiter la scoliose, et certains modèles élaborés sont des faux fabriqués à partir du XIXe siècle.

Une autre légende, voisine, veut que Catherine de Médicis ait inventé la culotte féminine pour monter à cheval ; elle n’a pas non plus de preuve. Les deux récits montrent la même mécanique : attribuer à une figure célèbre l’invention d’un objet dont l’origine est diffuse. Pour la vraie histoire du vêtement, voir l’histoire de la culotte.

11. Les « bikinis » de la villa romaine du Casale : une tenue de sport

Statut : vrai, avec une nuance de vocabulaire. La villa romaine du Casale, près de Piazza Armerina en Sicile, date du début du IVe siècle et est inscrite à l’UNESCO depuis 1997. Une mosaïque y montre des femmes en tenue de sport en deux pièces, souvent comparée à un bikini : neuf des dix femmes de la salle portent un deux-pièces, le haut étant une bande de poitrine, le bas un pagne ajusté.

Le mot « bikini » est pourtant un anachronisme, car ces femmes s’exercent au disque, aux haltères, à la course et à la balle ; elles ne se baignent pas. Une femme en toge tient la couronne et la palme du vainqueur. L’anecdote est vraie, mais le nom qu’on lui donne ne l’est pas : c’est une étiquette moderne posée sur une tenue d’exercice. L’article Strophium et mamillare l’inscrit dans les textes latins.

12. Bloomers : Elizabeth Smith Miller, pas Amelia Bloomer

Statut : vrai. La tenue des bloomers, tunique courte sur pantalon bouffant, a d’abord été portée par Elizabeth Smith Miller, de Geneva, dans l’État de New York. Elizabeth Cady Stanton et d’autres l’ont copiée, et Amelia Bloomer l’a popularisée dans son journal The Lily, d’où le nom. Bloomer a refusé le crédit de l’invention, selon le National Park Service.

Lithographie de 1851 : jeune femme en chapeau de paille, courte tunique ample sur un pantalon bouffant, dans un jardin
The Bloomer Costume, lithographie de N. Currier, 1851. Library of Congress, domaine public, via Wikimedia Commons.

Elle a écrit, selon le même service : « I stood amazed at the furor I had unwittingly caused. » Le journal, qu’elle dirige de 1849 à 1853, voit son tirage passer de 500 à 4 000 exemplaires par mois pendant la polémique, et compte plus de 6 000 lecteurs à la fin de 1853. On retiendra surtout que le pantalon féminin, d’abord dessous, devient ici manifeste : un vêtement qu’on cachait fait scandale quand on le montre.

Publicité et cinéma : l’image fabrique la légende

Deux histoires nées de l’image, l’affiche et l’écran.

13. L’affiche Wonderbra « Hello Boys » et les accidents de voiture

Statut : vrai pour l’affiche, légende pour les accidents. L’affiche « Hello Boys. The one and only Wonderbra » date de 1994. Elle montre Eva Herzigová, a été photographiée par Ellen von Unwerth pour l’agence TBWA, avec Nigel Rose comme directeur artistique et rédacteur. Une version réduite est conservée au Victoria and Albert Museum, qui note qu’avant cette campagne la publicité de sous-vêtements paraissait surtout dans les magazines féminins.

La légende, elle, veut que l’affiche ait provoqué des accidents de la route. Selon CNN, il n’existe aucune preuve que le soutien-gorge ait directement causé un accident ; en revanche, des experts de sécurité routière ont jugé les panneaux dangereux et distrayants, et la campagne a été interdite d’affichage à Birmingham. Le reste du dossier, du nom américain au patron canadien, est dans l’article du soutien-gorge obus au Wonderbra.

14. Le soutien-gorge de Howard Hughes pour Jane Russell : une légende d’Hollywood

Statut : légende. Selon la version courante, Howard Hughes aurait fait fabriquer un soutien-gorge spécial pour Jane Russell dans The Outlaw, tourné en 1941 et sorti en 1943. La chaîne TCM écrit que Hughes avait fait faire un sous-vêtement sur mesure. La suite du récit vient de l’actrice elle-même : elle aurait dit à Hughes qu’elle le portait, alors qu’elle avait modifié elle-même son vieux soutien-gorge.

On ne peut donc présenter cette histoire que comme un récit, dont la source principale est l’actrice. Nous n’avons pas lu son autobiographie, et nous ne citons aucune phrase que nous n’avons pas pu vérifier. Le cinéma américain avait ses propres règles sur ce que l’on pouvait montrer, comme le rappelle l’histoire du Code Hays à propos de ce film.

Comment vérifier une anecdote soi-même

Les quatorze cas ci-dessus suggèrent une méthode simple, que le lecteur peut appliquer à toute autre histoire de lingerie :

  • Chercher l’origine du chiffre : un nombre répété partout sans origine, comme les « 28 000 tonnes » d’acier des corsets de 1917, est un signal d’alerte.
  • Préférer une source institutionnelle ou primaire : une notice de musée (le Victoria and Albert Museum pour l’affiche Wonderbra), un brevet (celui de Mary Phelps Jacob), un texte d’époque.
  • Séparer le fait de son explication : le retrait du portrait de Marie-Antoinette est établi, la raison avancée est une interprétation.
  • Lire le mot « attribué » : les culottes de la reine Victoria ne sont « attribuées » que sur la foi d’une provenance familiale.
  • Se méfier du nom unique : un inventeur ou une reine à qui l’on prête l’origine d’un objet diffus.

Ce que ces anecdotes ont en commun

Trois mécanismes reviennent d’une histoire à l’autre :

  1. Le chiffre sans origine : les « 28 000 tonnes », les côtes, les accidents.
  2. L’inventeur unique, Titzling, Catherine de Médicis, Hughes, qui simplifie une histoire collective en un nom propre.
  3. La pudeur comme explication commode, comme au Shirokiya, où un drame est mis sur le compte d’un vêtement.

Les histoires solides, elles, reposent sur des notices de musée, des brevets, des textes d’époque, et un fait modeste vaut mieux qu’un récit spectaculaire.

Pour replacer ces épisodes dans leur ordre, la page Histoire de la lingerie en donne la chronologie.

Questions fréquentes

Les femmes ont-elles vraiment brûlé leurs soutiens-gorge en 1968 ?

Pas au sens d'un autodafé. Le 7 septembre 1968, à Atlantic City, des militantes ont jeté soutiens-gorge, gaines et magazines dans une « Freedom Trash Can » pour protester contre l'élection de Miss America. L'expression « bra-burners » vient de la presse ; un journal local a rapporté qu'un petit feu avait eu lieu, ce que les organisatrices contestent.

Qui a inventé le soutien-gorge, Otto Titzling ou Mary Phelps Jacob ?

Otto Titzling est un personnage inventé par l'humoriste Wallace Reyburn dans un livre de 1971. Mary Phelps Jacob est réelle : elle a obtenu le brevet américain n° 1 115 674 pour une brassière le 3 novembre 1914. Mais son brevet protège un modèle moderne, pas le premier vêtement de ce genre : des pièces à bonnets du XVe siècle ont été retrouvées à Lengberg.

Les corsetières retiraient-elles des côtes pour affiner la taille ?

Aucune preuve historique ne l'étaye. L'historienne Valerie Steele juge ce récit entièrement mythique. Sur 197 corsets de la collection Symington, un seul mesurait 18 pouces.

L'affiche du Wonderbra a-t-elle provoqué des accidents de voiture ?

C'est une légende. L'affiche « Hello Boys » de 1994 est bien réelle et conservée au Victoria and Albert Museum, mais selon CNN, rien n'indique qu'elle ait directement causé le moindre accident.

Les culottes de la reine Victoria ont-elles vraiment été vendues aux enchères ?

Des culottes attribuées à la reine ont été vendues 4 500 livres en 2008 chez Hansons et 6 200 livres en 2014 chez Westenhanger. Le mot qui compte est « attribuées » : l'attribution repose sur la provenance familiale et des marques, sans authentification scientifique publiée.

Comment savoir si une anecdote de lingerie est vraie ?

En remontant à la source. Un chiffre répété partout sans origine, comme les « 28 000 tonnes » d'acier des corsets de 1917, est un signal d'alerte. Une notice de musée, un brevet ou un texte d'époque sont de bien meilleurs appuis qu'un article qui en cite un autre.