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La Lingerie
Jeune femme brune aux cheveux relevés, en chemise longue blanche à col de dentelle, debout devant une grande armoire de chêne ouverte sur des piles de linge blanc plié
Chemise blanche et armoire pleine de linge : l'image type du trousseau, une évocation et non la reconstitution d'un cas précis.

Le trousseau de la mariée : du linge de maison aux dessous nuptiaux

XIIIe - XXe siècle, France

Draps comptés par douzaines, chemises à l'unité, marque rouge brodée : l'histoire du trousseau montre comment le linge de corps est entré dans le mariage.

On parle volontiers de « lingerie de mariée » comme d’un genre moderne, avec ses ensembles blancs et ses coffrets de saison. L’histoire du trousseau raconte presque l’inverse. Pendant des siècles, ce qu’une femme apportait en se mariant était d’abord du linge de maison, compté en draps, en nappes et en serviettes, et le linge porté sur la peau n’y tenait qu’une place minuscule, avant de s’y installer à la fin du XIXe siècle. Les dessous nuptiaux ne sont pas l’origine du trousseau : ils en sont la dernière couche.

Cet essai suit cette transformation avec des sources de musée, d’archives et d’histoire sociale, et il dit chaque fois où elles s’arrêtent. C’est une histoire du linge au sens large, qui complète la frise de l’histoire de la lingerie par le point de vue du mariage : ce que l’on comptait, ce que l’on cachait, et ce que cela dit de la place des femmes.

Un mot, deux linges : maison et corps

Le Musée dauphinois, à Grenoble, a consacré à la lingerie féminine l’exposition « Les dessous de l’Isère » (22 mars 2013 – 30 juin 2014). Son dossier de presse en donne la définition la plus nette : « traditionnellement, le trousseau de la future mariée se composait du linge de maison et du linge de corps », avec une fonction pratique et une valeur symbolique. Il ajoute un trait essentiel : le trousseau faisait partie de l’intimité de la femme et demeurait son bien privé tout au long de sa vie. Le musée le qualifie de « matrimoine », un mot qui renverse celui de patrimoine : un héritage transmis de mère en fille sur plusieurs générations.

La formule contient déjà tout le sujet. Un trousseau est un stock, pas une tenue. Il sert à équiper un foyer, et il sert aussi à montrer ce que la famille de la mariée peut investir. Dans cet ensemble, le linge de corps (chemises, pantalons, jupons) est un élément parmi d’autres, et rien n’indique qu’il ait été pensé comme un vêtement de séduction. Le dossier du Musée dauphinois le dit sans détour : « loin des fonctions de séduction, les sous-vêtements répondaient à un besoin d’hygiène et de confort ».

Ce point mérite d’être pris au sérieux, parce qu’il contredit l’image courante. Quand on cherche l’origine de la « lingerie nuptiale », on s’attend à trouver une pièce d’apparat. On trouve d’abord des draps.

Du drap à la dot : ce que le trousseau comptait

L’ouvrage Histoire de la machine à laver, publié par les Presses universitaires de Rennes, consacre un chapitre aux usages et aux symboliques du linge. On peut le lire en ligne sur la plateforme OpenEdition. Il part des inventaires après décès : le mot « linge » y désigne très tôt surtout le linge de maison, les draps, les nappes, les serviettes, les toiles. La chemise y apparaît dès le XIIIe siècle, mais elle reste longtemps « de l’ordre de l’unité, au milieu d’une abondance de linge de maison et de vêtements ».

L’historien Georges Vigarello, cité par le chapitre, en tire la conséquence économique : le linge pour le corps « se recense à l’unité », et la richesse ne s’investit pas dans la multiplication d’un tel vêtement, alors qu’elle s’investit dans celle des nappes, dont la matière est pourtant très proche. Le texte résume la logique de l’Ancien Régime en une phrase : on valorise ce qui se voit. Une nappe se montre à table, un drap se montre dans la chambre, une chemise ne se montre pas.

Cette hiérarchie du visible explique pourquoi la dot textile s’est constituée autour de la maison. Elle éclaire aussi un point que les articles du site sur les dessous du Moyen Âge rencontrent par un autre bout : ce que l’on porte contre la peau est resté, très longtemps, la partie la moins documentée et la moins comptée de la garde-robe.

Le même chapitre rappelle que le trousseau a longtemps constitué les « dotalices » de la jeune fille, c’est-à-dire les biens dont son père la dote au moment du mariage : des meubles, des vêtements et du linge. Il s’appuie sur l’historienne Agnès Fine : dans la France méridionale, le droit dotal est le seul régime matrimonial depuis le haut Moyen Âge jusqu’au Code civil, puis il reste majoritaire dans les campagnes et, lorsqu’il est abandonné vers le milieu du XIXe siècle dans certaines régions, il est remplacé par d’autres régimes qui en conservent l’esprit. Selon ce régime, « le père est obligé de doter sa fille ».

C’est ce cadre juridique qui donne au linge une importance qui dépasse son usage. Le chapitre en déduit le rituel de la préparation du trousseau par les jeunes filles, et le caractère ostentatoire de son transport lors d’une cérémonie qui consiste à installer le trousseau de la future mariée dans la chambre nuptiale. Le linge n’est pas seulement apporté : il est exhibé, et c’est un message adressé à la famille de l’époux.

Un musée breton documente le meuble qui va avec. Dans son dossier de presse consacré au mobilier, le musée départemental breton décrit l’armoire à deux portes qui apparaît à la fin du XVIIe et au XVIIIe siècle : souvent exécutée à l’occasion d’un mariage, elle contenait le trousseau de la mariée et porte fréquemment, gravée, l’année de la cérémonie. Son installation au logis du nouveau couple donnait lieu à une fête à laquelle prenait part toute la communauté villageoise. Le linge a donc son meuble, daté comme un acte de mariage.

Faire de la fille une brodeuse : le marquoir

Le dossier du Musée dauphinois décrit l’apprentissage qui prépare ce trousseau. Sur les bancs de l’école, les filles confectionnaient un objet symbolique nommé « marquoir » ou « abécédaire » : un petit canevas carré sur lequel étaient brodés, au point de croix (souvent appelé point de marque) et au fil rouge, toutes les lettres, tous les chiffres, ainsi que le nom et l’âge de l’élève. L’exercice servait de modèle pour marquer de leurs initiales le trousseau dans l’attente du mariage.

Le musée ajoute un détail qui change le regard sur ce fil rouge : le rouge symbolisait le sang des menstrues, et « marquer » signifiait, au XIXe siècle, avoir ses premières règles. Cette lecture appartient au musée ; elle montre en tout cas que la broderie des initiales n’était pas une simple coquetterie. Elle accompagnait le passage de la fille à la femme, dans un cadre où l’on apprenait à marquer son linge en même temps qu’à écrire son nom.

Un échantillon brodé conservé au Cooper Hewitt, reproduit ci-dessous, donne une idée de ce que pouvait être un tel exercice : un alphabet, des chiffres, le nom de la brodeuse, sa ville, le nom des demoiselles chez qui elle a travaillé, et un décor de motifs. C’est un document de la même famille que le marquoir, sans que la notice le nomme ainsi.

Échantillon brodé de 1834 : alphabet, chiffres et motifs au point de croix sur toile claire, avec une bordure bleue
Échantillon brodé de 1834 par Marguerite Maurel, de Pézenas : un alphabet, des chiffres et son nom, au point de croix. Cooper Hewitt, domaine public (Wikimedia Commons).

Combien de draps, et à qui appartient le linge

Les chiffres donnent la mesure de la « civilisation du linge » que le chapitre de Rennes décrit pour le XIXe siècle. À partir d’actes notariés signés entre 1816 et 1914 dans les Landes, un pays de petits propriétaires et de métayers, il note que la quantité de linge de maison « ne fera que croître » et « double entre 1816 et 1914 », pour atteindre environ deux douzaines à la veille de la Première Guerre mondiale. Plus précisément, la quantité moyenne de draps offerts est, au début du siècle, légèrement inférieure à la douzaine ; la douzaine est atteinte en 1830-1835, et la douzaine et demie apparaît aux environs de 1875-1880.

Le linge de corps suit un autre calendrier. Le même chapitre indique qu’il « n’apparaît que dans le dernier quart du XIXe siècle pour devenir un élément important du trousseau jusqu’à la dernière guerre ». L’historien Alain Corbin, cité par le texte, précise l’inégalité sociale de cette diffusion : sous le Second Empire, le pantalon féminin a déjà « cause gagnée » dans la bourgeoisie, mais ce n’est que dans le dernier quart du siècle que l’ouvrière adopte « résolument le vêtement invisible ». Dans les régions pyrénéennes, le linge de corps ne se banalise qu’à l’extrême fin du siècle, soixante-quinze ans après le linge de maison.

Ce que le trousseau comptait Indication des sources lues Source
Linge de maison, début du XIXe siècle (Landes) Un peu moins d’une douzaine de draps en moyenne Presses universitaires de Rennes
Linge de maison, 1830-1835 Une douzaine de draps Presses universitaires de Rennes
Linge de maison, vers 1875-1880 Une douzaine et demie de draps Presses universitaires de Rennes
Linge de corps Élément important seulement à partir du dernier quart du XIXe siècle Presses universitaires de Rennes
Fin de la pratique Cessation progressive dans les années 1960 Musée dauphinois

Ces moyennes ne valent que pour le territoire étudié. Elles n’autorisent pas à décrire « le » trousseau français, mais elles fixent un ordre de grandeur et surtout une chronologie : la maison d’abord, le corps ensuite.

Le linge a une autre dimension, que le chapitre de Rennes formule avec une citation de Frédéric Le Play : plus accessible que la pierre et la terre, le linge a été par sa rareté et sa cherté « le seul bien d’épargne souvent pour l’ouvrier, car le plus aisément réalisable ». Il fut longtemps le bien minimum que l’on cherche à léguer, particulièrement à travers les femmes, puisque c’est un bien de femmes : le texte rappelle que pendant des siècles la fabrication a été l’apanage exclusif des femmes, de la culture du chanvre à son filage.

Cette économie du linge ne se limite pas à la mariée. Une étude citée par le chapitre observe que les jeunes femmes qui vont habiter chez leurs beaux-parents utilisent le linge de « famille », apporté en dot par la mère ou la grand-mère de leur mari. Le trousseau fait alors partie du patrimoine, comme les terres, et ne semble pas être partagé entre les filles de la maison. Le Musée dauphinois parle de bien privé de la femme ; les notaires et les ethnologues cités par Rennes décrivent un bien que la famille gère. Les deux lectures ne s’annulent pas : elles montrent un objet à la frontière entre l’intime et le patrimonial, ce qui est justement la définition d’une dot.

C’est ici que le trousseau rejoint la question que posent les métiers de la lingerie : derrière chaque pièce de linge, il y a des mains de femmes, que ce soit dans la famille, à l’école d’aiguille ou à l’atelier. Le trousseau est peut-être l’endroit où ce travail féminin non payé a été le plus visible et le moins reconnu.

Les marchands entrent dans la chambre : crédit, colportage, grands magasins

Plus le trousseau gagne en importance, plus il attire le commerce. Le chapitre de Rennes décrit l’émulation pour acquérir un statut social dont l’éclat repose sur la splendeur du trousseau. Les familles se préparent longtemps à l’avance, et les commerçants facilitent l’accès par trois voies :

  • des représentants de grandes maisons de commerce, qui arrivent en train et sillonnent la région en vélo, ou viennent avec une voiture et un cheval ;
  • des marchands ambulants, qui se présentent de préférence dans les maisons où il y a des filles à marier ;
  • le crédit des épiciers du village, qui fournissent le linge payé après les moissons ou les vendanges.

Cette vente passe, en ville, par les grands magasins. Le Musée dauphinois rappelle qu’en 1852, à Paris, Aristide Boucicaut ouvre Le Bon Marché, qu’il présente comme le premier grand magasin au monde, et le chapitre de Rennes précise que la diffusion du linge fut contemporaine de leur création : le XIXe siècle fut caractérisé de « civilisation du linge », et Émile Zola en a laissé un témoignage passionné. La mariée n’a plus à tout coudre ; elle peut acheter, compléter, commander. Le trousseau devient une pratique de consommation autant qu’un travail d’aiguille. La mise en vitrine de ce linge, du mois du blanc à la scène de Zola, est racontée dans notre article sur le blanc à Paris et ses grands magasins.

Ce glissement prépare le XXe siècle. Il explique que le linge de corps, devenu abordable, puisse entrer en masse dans le trousseau à partir du dernier quart du XIXe siècle, et il prépare l’idée, que l’on retrouve dans l’histoire de la culotte, d’un dessous que l’on achète plutôt qu’on ne le coud. Le Musée dauphinois note que la culotte, longtemps absente de la garde-robe, apparaît à l’orée du XXe siècle ; elle pouvait descendre jusqu’aux mollets et était souvent largement fendue, d’où le nom de « pisse-droit » rencontré en plusieurs lieux.

Deux femmes en robe sombre et tablier blanc déplient un grand drap de lin devant une armoire de chêne sculptée ouverte sur du linge plié
Déplier, compter, ranger : le linge du trousseau se montrait avant de s'user.

Le trousseau des princesses : la même logique, en grand

La chronologie du linge n’est pas réservée aux paysannes et aux notaires. Quand Napoléon épouse Marie-Louise d’Autriche en 1810, il commande, selon le récit de la Fondation Napoléon, aux meilleurs fournisseurs de Paris un trousseau magnifique, une garde-robe complète, des parures et des nécessaires de toilette. Le détail de ce trousseau, du linge fin aux parures de joaillerie, est donné dans le récit du mariage de Napoléon et de Marie-Louise en 1810 que propose mariage-princesse.fr, un site sur l’histoire des mariages princiers. On y lit que le trousseau comprend du linge fin parmi des robes, des dentelles et des bijoux : à l’échelle d’un empire, le linge fait toujours partie de ce que l’on offre.

Un autre épisode donne la mesure du changement de condition que marque un mariage de cour. Le 7 mai 1770, sur une île du Rhin près de Strasbourg, Marie-Antoinette est remise aux représentants du royaume de France. Les Archives de Strasbourg conservent l’acte de remise daté de ce jour ; leur panneau consacré à la cérémonie précise que l’archiduchesse quitte ses vêtements pour revêtir des vêtements provenant de Versailles et devient alors « Madame la Dauphine ». Les sources lues ne détaillent pas les pièces de dessous concernées ; elles montrent seulement qu’un mariage pouvait exiger un changement de garde-robe complet, de la maison d’origine à la maison d’accueil.

Ce que les sources ne disent pas : la chemise de la nuit de noces

Reste la question que le titre pose en creux : y avait-il des dessous « nuptiaux » ? Les sources lues répondent par trois constats, et aucun ne confirme une tradition de lingerie réservée à la nuit de noces.

  • Le trousseau est un ensemble de linge de maison et de linge de corps, à fonction pratique et symbolique, constitué de longue date.
  • Le linge de corps n’y devient important qu’à la fin du XIXe siècle, et les dessous féminins répondent alors à l’hygiène et au confort plutôt qu’à la séduction.
  • Les musées ne documentent pas, dans les pièces citées ici, une chemise spécifique pour la nuit de noces.

On trouve ailleurs, sur Internet, des récits de « chemises de noces » et d’ensembles bridaux historiques. Nous ne les reprenons pas : nous n’avons pas pu les recouper avec une source primaire. L’honnêteté commande d’écrire que l’histoire de la lingerie nuptiale, au sens d’une lingerie de séduction destinée au soir du mariage, reste à documenter pour la France du XIXe siècle. Ce que l’on sait, c’est que le trousseau a longtemps tenu à distance cette idée.

Le Musée dauphinois rappelle d’ailleurs que l’on sait encore peu de chose sur la lingerie avant la généralisation du prêt-à-porter, parce que conservateurs et historiens, masculins en grande majorité, ont préféré étudier les coiffes, les parures et les tabliers. Cela vaut avertissement : ce que l’on ne voit pas dans les collections n’est pas forcément ce qui n’existait pas, mais c’est ce que l’on ne peut pas affirmer.

La fin du trousseau, et ce qu’il en reste

Selon le dossier du Musée dauphinois, la pratique du trousseau cesse progressivement dans les années 1960, emportée par les bouleversements des pratiques vestimentaires, l’arrivée de la consommation de masse et surtout l’évolution de la place des femmes dans la société contemporaine. L’ethnologue Yvonne Verdier le constatait dès 1979 dans Façons de dire, façons de faire : il n’y aurait plus de « passeurs de linge ».

On peut lire cette fin de deux façons. Du côté de la perte, un savoir de femmes, l’aiguille, la marque, le compte, ne se transmet plus. Du côté du gain, une dot qui reposait sur l’obligation faite au père de doter sa fille, et sur l’apprentissage précoce d’un rôle domestique, n’a plus de raison d’être dans une société où les femmes ne sont plus définies d’abord par leur futur foyer. Les deux lectures sont vraies ; on gagnerait à ne pas les opposer. Pour la place de ces évolutions dans l’histoire sociale, on peut consulter le pilier lingerie et société, qui replace les dessous dans la morale, le travail et l’émancipation.

Le trousseau n’est pas une préhistoire de la lingerie de mariée, c’est une autre institution. Il organise une dot, une préparation, un meuble, un défilé de linge dans la chambre. Le linge de corps y entre tard, quand le commerce le rend accessible et que l’hygiène en fait une norme. Les « dessous nuptiaux » que le marché propose aujourd’hui ne prolongent pas directement cette histoire : ils en reprennent l’imaginaire, le blanc et le soin, en l’ayant vidé de sa fonction de dot.

Pour qui veut aller plus loin, trois pistes restent ouvertes, que nos sources n’épuisent pas : les contrats de mariage et inventaires d’autres régions, qui permettraient de comparer avec les Landes, les catalogues de grands magasins qui détaillent des trousseaux « tout faits », et les collections de musées qui conservent des chemises de nuit de trousseau datées et documentées.

Questions fréquentes

Que contenait un trousseau de mariée au XIXe siècle ?

Du linge de maison (draps, nappes, serviettes) et du linge de corps. Selon le Musée dauphinois, le trousseau de la future mariée se composait de ces deux ensembles, avec une fonction pratique et une valeur symbolique. Les proportions ont changé : dans les Landes, le linge de maison domine longtemps, et le linge de corps ne devient un élément important qu'à la fin du siècle.

Pourquoi marquait-on le linge aux initiales ?

Les sources lues donnent surtout la fonction de préparation : les filles s'exerçaient à l'école sur un marquoir, un canevas brodé au point de croix et au fil rouge de toutes les lettres et de tous les chiffres, puis marquaient leur trousseau de leurs initiales dans l'attente du mariage. Elles ne documentent pas ici l'usage pratique du marquage lors des lessives.

Le trousseau appartenait-il à la mariée ou au couple ?

Selon le Musée dauphinois, il faisait partie de l'intimité de la femme et restait son bien privé tout au long de sa vie. Dans les Landes étudiées par l'ouvrage des Presses universitaires de Rennes, le linge apporté en dot pouvait aussi servir à la génération suivante de la belle-famille : le trousseau se lisait alors comme un patrimoine familial autant que comme un bien de femme.

Quand le trousseau a-t-il disparu ?

Le Musée dauphinois situe l'arrêt progressif de la pratique dans les années 1960, sous l'effet des bouleversements des pratiques vestimentaires, de la consommation de masse et de l'évolution de la place des femmes dans la société. L'ethnologue Yvonne Verdier parlait dès 1979 de « passeurs de linge » qui n'existeraient plus.

Existait-il une chemise spéciale pour la nuit de noces ?

Les sources lues pour cet article ne permettent pas de l'affirmer : elles décrivent des chemises à même la peau et un trousseau de linge de corps, sans établir une pièce propre à la nuit de noces. Cet article s'en tient donc à ce qui est documenté, sans reconstituer une tradition de lingerie nuptiale.